Histoire

Historique du Peuplement de la commune de Dassa-Zoumè

Les populations de la commune de Dassa-Zoumè se sont constituées à partir de l’unification de diverses communautés villageoises dont la mise en place s’est opérée à différentes époques. Lesdites communautés sont pour la plupart venues de l’Est du Bénin, dans les localités d’Ilé Ifè, d’Oyo, d’Egba au Nigéria et de Kétou alors que d’autres proviennent du nord dans la région Tchabè  (Anignikin, 2004). Ces migrations se sont effectuées entre le Xéme et le XVIéme siècle.

Les mamahoun avaient occupé au Xéme siècle les parties basses du mont Amagbékpa dans l’actuel quartier traditionnel d’Issalou au chef-lieu de Dassa-Zoumè. Les Idjéhoun vinrent ensuite au XIVéme siècle s’installer sur le flanc occidental des collines Oké-égnité ; les Ilémans à Oké-Itéré dans l’arrondissement de Tré ; les Iguba à Oké-Imudja dans l’arrondissement de Dassa-Zoumè II ; les Irantchèà Oké-Agbanou dans Dassa-Zoumè II ; constituant ainsi avec Ifita dans l’arrondissement de Kpingni un vaste espace comptant 41 installations d’entités autonomes appelées Ilou Idaasha ou Oké-Guiga Lélogodji ou pays des 41 collines. L’expression «Oké» signifie, en langue Idaasha, collines (Anignikin, 2001).

Après la migration des Ife, Tcha, Oyo, Egba, Tchabè et Kétou, suit la vague des Omondjagou venus d’Egba au Nigéria vers le XVIéme siècle sous la direction de Djagou Olofin qui dévient le premier roi du royaume d’Igbo-Idaat. Selon le prince régnant au palais Odidi de Dassa-Zoumè de 1972 à 1995, la création du royaume remonterait au XIVéme. Ce dernier a dressé une liste des rois qui se sont succédé avec leur règne respectif (confère tableau  du répertoire des rois du pays des 41 collines de Dassa-Zoumè en annexe). Un prince régnant est celui qui occupe le trône après la mort du roi en attendant le choix d’un nouveau roi. Il ne bénéficie pas des avantages d’un vrai roi intronisé. Les querelles de succession ont beaucoup secoué ce royaume qui a connu deux inter règnes de longue durée chacune (de 1869 à 1890 pour l’un et de 1939 à 1942 pour l’autre) ayant occasionné deux vacances de trône (Anignikin, 2004).

Ensuite suivra la vague des populations en provenance d’Adakplamè, d’Ekpo (Kétou), de Djigbè dans l’Ouémé et d’Agonlin dans le Zou-Sud. Leur première zone d’implantation était le couloir défini par les collines de Dassa-Zoumè à l’Ouest et le fleuve Ouémé à l’Est (Anignikin, 2004).

La population de la commune de Dassa-Zoumè est composée de deux groupes ethniques anciennement installés qui sont les Idaatcha et les Mahi. Leur prédominance sur les autres

groupes à savoir : les Fon, les Adja, les Peulh, les bétamaribè,….caractérise le milieu sur le plan linguistique et socioculturel. La population de la commune de Dassa-Zoumè est en forte augmentation depuis quelques années. L’installation sur la pénéplaine et la fondation des villages au pied des inselbergs par les populations a eu lieu au début du XXéme siècle.

Relief et nature des sols

Dans cette partie, on y trouve : les collines, les forêts, la flore et la faune et toutes activités affiliées. La commune de Dassa-Zoumè s’étend sur une surface d’aplanissement, sur un modèle de roches très anciennes du précambrien (gneiss et granite). Sur ce modèle polyconvexe du socle cristallin d’altitude moyenne comprise entre 200 et 300 m, s’observe une série de collines isolées et dénudées dont la dénivellation ne dépasse guère 200 m. Elle présente aussi des inselbergs, une série de croupes moyennes et basses, de petites dépressions allongées, légèrement inclinées vers le Sud. La forme des collines varie d’un endroit à un autre. A Miniffi, l’inselberg est massif, ses parois sont  intactes avec des dénivellations de 100 m. Par contre à Tré, les collines sont plus  hétérogènes, composées de boules et de replis. Quelques sommets isolés se dressent sur la surface dont ceux de Loulè, d’Ouissi et de Lèma. Ces morceaux cristallins se présentent parfois sous forme de pics. On en rencontre encore au chef-lieu  de la commune et dans les villages de Kèrè, Itagui et Tré parfois, ils ont des sommets arrondis ou étalés et sont recouverts de végétation par  endroit (Adam et Boko, 1993). Le point culminant du relief de la commune est situé au niveau du village Itagui sur le chaînon avec une altitude de 465 m (ST/MDZ, 2004), l’ensemble présente des curiosités qui attirent les touristes. Les sols sont en général peu profonds et propices à l’agriculture. Il existe une diversité de sols dont les plus importants sont entre autres les sols ferrugineux et les sols hydromorphes dans les vallées et le long des cours d’eau qui traversent la commune. Les sols ferrugineux sont lessivés avec une texture variable (Vissoh, 2012).  Ils sont argilo-sableux, gravillonnais sur les ondulations et plus réservés autour des massifs rocheux. Leurs caractéristiques physiques et chimiques sont en effet, la conséquence du type de climat, de la saison sèche plus ou moins prolongée et  aux fortes précipitations en périodes des pluies. La commune de Dassa-Zoumè est influencée par un climat de type subéquatorial qui règne du Sud jusqu’à la latitude de Savè (Adam et Boko, 2003). Elle bénéficie de l’influence maritime, ce qui explique l’inégale répartition des pluies dont le total annuel est inférieur à 1100 mm par an (Iloukossi, 2008). Les sols hydromorphes quant à eux sont relativement importants. Ils couvrent environ 30 % de la superficie totale des terres cultivables de la commune et sont situés pour la plupart aux pieds des collines (Hessou, 2007). Très peu étendus et souvent de faible profondeur, ces sols sont caractérisés par une texture limono argileux et portent généralement des cultures maraichères. Ceci, en raison de la topographie et des pratiques culturales qui consistent à mettre à nu de grandes étendues de terres ou d’exploiter les terre pendant une longue durée sans soins particuliers. Cest différents atouts constituent des élements pour la production agricole et ceci participe à l’alimentation des touristes.

Végétation et faune 

La pénéplaine est couverte par une savane arborée et arbustive coupée de forêts classées décidues et semi-décidues (forêt de Logozohè), la forêt sacrée des omondjagou et quelques galeries forestières le long des cours d’eau. Les principales essences recensées dans le milieu sont : Adansonia digitata (Baobab) (egi oshè en Iddaasha), Parkia biglobosa (néré) (Egi igbà en Iddaasha), Anogeisus leocarpus (Ayin), Daniellia oliveri (copalier africain) (Iyà en Iddaasha), Prosopus africana (Prosopis) (Akàkàyin en Iddaasha), Pterocarpus erinaceus (Santal) (Akpékpé en Iddaasha), Vitex doniana (ori en Iddaasha). Les arbustes sont surtout : Nauclea latifolia (pêcher de guinée) (Igbèsin en Iddaasha), Newbouldia laevis (Hysope africaine) (Akoko en Iddaasha) et les graminées comme : Panicum maximum (Herbe de guinée) (Ibakpo en Iddaasha), Pennisetum polystachyon (herbe à éléphant) (Guègué en Iddaasha) de la basse strate très préférée par la faune. La pression constante des populations sur la végétation a une conséquence sur la faune qui se fait de plus en plus rare. Les chasseurs utilisent divers moyens : pièges, battue, braconnages etc pour abattre les animaux de la faune. Selon les témoignages de certaines personnes, les animaux qui résistent à la pression des chasseurs se sont rétractés dans les galeries forestières (Vissoh, 2012).

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